- Laissez-moi maintenant parler de moi-même, non dans le dessin d’assurer plus d’attention de votre part, mais afin de vous prouver que je ne parle pas d’après les on dit, mais d’après mes propres souffrances. Et c’est pourquoi je dois être pardonné pour toute chaleur d’expression qui pourrait toucher à la violence.
Pour Théophile Gautier
- Qu’importe que ce soit un sabre, un goupillon ou un parapluie qui vous gouverne !
C’est toujours un bâton, et je m’étonne que des hommes de progrès en soient à disputer sur le choix du gourdin qui doit leur chatouiller l’épaule, tandis qu’il serait beaucoup plus progressif et moins dispendieux de le casser et d’en jeter les morceaux à tous les diables.

Pour Michel Bakounine
- Je ne connais qu’un chemin de salut, c’est tuer entièrement son moi, tout ce qui fais sa vie, ses espoirs et ses croyances privées. Il faut vivre et respirer seulement pour l’absolu et par lui et point par le moi futile. Le bonheur ne m’est accessible qu’à la suite d’un renoncement, d’un oubli total de moi. Je ne dois rien chercher au-dehors, je dois diluer ma personne dans l’absolu. Tout est vu de l’esprit, tout est pénétré par l’esprit, il n’y a rien en dehors de l’esprit. L’Esprit est la Connaissance absolue, la Liberté absolue et, par conséquent, la Béatitude absolue. Je ne deviens libre que par la Liberté des autres.
Pour Georges Bernanos
-L’homme intraitable est celui capable de s’imposer à lui-même sa discipline mais n’en reçoit aveuglément de personne ; pour qui le suprême confort est de faire autant que possible ce qu’il veut, à l’heure qu’il a choisie, dût-il payer de la solitude et de la pauvreté ce témoignage intérieur auquel il attache tant de prix ; qui se donne ou se refuse, mais ne se prête jamais.

Pour Jacques GAILLOT
- Le temps est venu que les hommes parlent eux-mêmes de ce qu'ils sont et se réapproprient un savoir volé auquel ils n’ont jamais eu droit.

Pour Rosa Luxembourg
- Je veux bien mourir pour le peuple, mais que l’on ne m’oblige pas de vivre avec lui.

Pour Emmanuel Mounier
- On peut exiger ce que l’on veut de soi-même, mais vouloir extirper toute agressivité de l’éducation, noyer trop tôt la force virile dans des rêveries idéalistes, c’est fabriquer un eunuque sous des airs ravis, enlever un combattant à l’idéal. L’homme du confort est l’animal domestique de son confort, l’homme réduit à sa fonction productrice ou sociale, un rouage.

Pour Pierre Kropotkine
- Point d’autorité qui impose aux autres sa volonté. Liberté d’action laissée à l’individu pour le développement.

Pour Louise Michel
- Le pouvoir est maudit. Voilà pourquoi je suis anarchiste.

Pour Henri Laborit
- Se révolter, c’est courir à sa perte, car la révolte, si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt une échelle hiérarchique de soumission à l’intérieur du groupe, et la révolte, seule, aboutit rapidement à la suppression du révolté par la généralité anormale qui se croit détentrice de la normalité. Il ne reste plus que la fuite.

Pour François Truffaut
- La société dans laquelle nous vivons ne me plaît pas, mais celle qu’on nous promet, ici ou là, ne me plaisent pas davantage.
Double conclusions ... et à chacun la sienne ...

Pour René Barjavel
- L’homme se trouve devant deux destins possibles : périr dans son berceau, de sa propre main, de son propre génie, de sa propre stupidité, ou s’élancer, pour l’éternité du temps, vers l’infini de l’espace, et y répandre la vie, délivrée de la nécessité de l’assassinat. Le choix est pour demain. Il est peut-être déjà fait.

Pour Soeren Kierkegaard
- Le feu prit un jour dans les coulisses d’un théâtre. Le bouffon vint en avertir le public. On crut à un mot plaisant et on applaudit : il répéta, les applaudissements redoublèrent. C’est ainsi, je pense, que le monde périra dans l’allégresse générale des gens spirituels persuadés qu’il s’agit d’une plaisanterie.
Michel Ribeiro
Dialoguons : mic.ribeiro@yahoo.fr

Où va le monde ?
18/11/2009

- Comment répondre à une question que bien des hommes se sont posés depuis la nuit des temps et leur apparition sur cette terre ?
Autant de questions et autant de réponses ont été depuis toujours, pensées, rêvées, discutées, disputées … sans jamais apporter une vision … une réponse … même embryonnaire, qui ne soit aussitôt … remise en question. C’est pourquoi je vais tenter à mon tour, d’ajouter ma goutte à cet océan.
- Pour quoi, pour qui cette énième réflexion ?
- A quoi et à qui peut-elle servir ? A part à moi-même et pour moi-même … je n’en sais rien et cela n’a aucune importance. Ma seule certitude réside dans le fait que si je ne le fais pas, elle ne servira vraiment à personne … ni à moi-même.
De fait, il existe seulement 3 choses, ou plutôt 3 états qui nous appartiennent en propre. Je veux parler de :
- Nos pensées : Oui … j’y ai pensé ! Non … je n’y ai pas pensé !
- Nos paroles : Oui … je l’ai dit ! Non … je ne l’ai pas dit !
- Nos actes : Oui … je l’ai fait ! Non … je ne l’ai pas fait !
- Le reste de nos soi-disant possessions vaut moins que poussières … et pourtant, c’est à qui cherchera à être le plus riche, le plus grand, le plus fort, le plus … ignorant c’est certain.
- Jacques Brel nous dirait :
« Et tout ça … pour vouloir être grand l’espace … d’un miroir ».
En effet, à quoi pourrais-je comparer la durée d’une existence humaine face à l’éternité ? Au clin d’œil que je me suis fais … un matin … dans mon miroir … rien de plus … et certainement moins encore.
Pourtant, combien d’entre-nous sont prêts, à votre avis, à renoncer à cette pseudo grandeur ? Bien peu, lorsque je vois l’hydre de l’individualiste, féroce et forcenée, s’emparer des hommes comme des femmes, de tous bords, de tous âges, de tous pays, de toutes conditions, sociales, culturelles, cultuelles.
Dominer l’autre pour ne pas être dominé ? C’est ce que notre soif de pouvoir ne cesse de nous seriner à longueur d’existence.
Résultat ? Ce que nous pouvons en voir, ce que nous pouvons en vivre … au travers de nos incessants et éternels combats à le rechercher … à vouloir le posséder … même si c’est juste pour … l’espace d’un miroir.
Mais croyez-vous vraiment, même si vous devenez l’être le plus puissant de la terre, posséder réellement, un tel pouvoir ?
OUI ! Alors dites-moi pourquoi vous devrez l’abandonner, lorsque viendra la Grande Faucheuse ?
Croyez-vous vraiment l’avoir possédé ?
N’est-ce plutôt pas vous qui vous êtes fait … avoir et … posséder ?
En fait, il existe 3 formes de pouvoir.
- 1er Pouvoir. Nom masc. désignant l’autorité, la puissance (gouvernement d’un pays). Ne dit-on pas : « parvenir au pouvoir ». Il signifie aussi – Crédit, influence « abuser de son pouvoir » - Ensemble de personnes investies d’une autorité « pouvoir législatif » - Le 4ème Pouvoir « celui de la presse » – Pouvoirs au pluriel « donner les pleins pouvoirs » - Les pouvoirs publics.
- 2ème Pouvoir. Verbe : Avoir la faculté, le moyen, le droit, la permission, la possibilité de … C’est un acte : « je peux … j’agis, je fais »
- 3ème Pouvoir. En activant d’abord le pouvoir du Verbe : « je peux … j’agis, je fais », je m’offre la réelle possibilité d’accéder au pouvoir du Nom : « je possède … ». L’inverse est moins certain.
Par exemple :
Grâce à mon argent et à ma position sociale, je peux m’offrir une place pour assister aux J.O, même la plus chère et la mieux placer. Pourtant, jamais cette aisance financière et cette position sociale me permettront, sans le Pouvoir du Verbe, de réaliser moi-même, les exploits accomplis devant mes yeux.
A présent, voyons comment, d’une manière schématique, fonctionne sur nous et en nous le « Pouvoir Nom »
Lorsque j’arrive sur cette terre, je ne possède rien de ce que nous offre ce Pouvoir, même si l’on dit de mes géniteurs que ce sont mes parents et que je suis leur enfant.
Mais très vite, va commencer mon apprentissage … mon formatage, imposé, pour mon bien (?), par des parents qui n’auront de cesse de m’inculquer, de gré comme de force, ce qu’eux-mêmes ont reçu, de gré comme de force de leurs parents qui eux-mêmes … etc. … c’est-à-dire apprendre à posséder … que je devrais plutôt écrire : à prendre et … à posséder.
Cela commence par des :
« Touche pas … ce n’est pas à toi » et très vite j’apprendrais à dire « C’est à moi … n’y touche pas ».
Et le formatage commence … Celui-ci se développera tout au long de notre existence, pénétrant toujours plus profondément notre MOI JE … notre EGO ; au détriment du … JE SUIS … de notre ÂME.
Cette prise de pouvoir du MOI JE sur JE SUIS s’effectuera sans que nous en ayons vraiment conscience. Sans que nous puissions vraiment intervenir … comme qui dirait à l’insu de notre plein gré. Et cette emprise sur nous est si forte, que la majorité d’entre-nous en subissons le joug permanent et à un tel point, que nous sommes prêts à commettre toutes les folies pour lui obéir … toujours à l’insu de notre plein gré … ce que nous nierons de toutes nos forces, nous croyant toujours les Maîtres de notre destin.
Heureusement pour nous, il s’est toujours trouvé parmi nous, des Hommes, plus ou moins conscients de cet état, que dis-je, de cette Présence semble-t-il éternelle, qui tenteront de nous avertir du Pouvoir de cette Présence, de cette Puissance asservissante et corruptrice.
Sages, Philosophes, Poètes, Penseurs et Psychologues en tous genres et de toutes Ecoles, ne cessent depuis toujours, de nous mettre en garde et de nous prévenir, en nous dévoilant, chacun à leur manière, ses infinis et multiples visages. Mais s’ils sont capables de mettre en lumière ses agissements, ils ne peuvent en aucun cas, nous en protéger, nous en libérer individuellement.
Prenons l’exemple des parents. Comment peuvent ils punirent un enfant d’avoir menti, alors qu’ils n’ont jamais pu l’éradiquer de leur propre esprit ?
Ne sont-ils pas en porte à faux lorsqu’ils lui disent :
« Fais ce que je te dis … »
Ne serait –il pas plus judicieux de lui dire :
« Fais ce que je te dis, mais ne fais pas ce que je fais car je ne fais que rarement ce que je dis… » Mais là c’est une autre paire de manche.
Cela me rappelle Jésus accusant les prêtres de son époque de charger les hommes d’un poids qu’eux-mêmes ne soulevaient pas du petit doigt.
Dans cet exemple, le Pouvoir Nom, permet d’imposer sa volonté, ses ordres, ses visions, ses désirs, ses … au plus faible, sans avoir, trop souvent, cherché à les respecter lui- même.
N’est-ce pas exactement ce que disent et nous imposent ceux qui gouvernent notre pays ?
Prenons le sommet. Voici un homme qui affirme haut et fort qu’il est celui dont le pays à besoin ; le seul capable de tenir ses engagements. Pourtant si ma mémoire est bonne, c’est le même homme qui trahira Chirac pour Balladur, puis Balladur pour Chirac et qui trahira ses propres paroles, ne serait-ce qu’en ne tenant pas, bon nombre des promesses faites au français pendant la campagne présidentielle.
Cela dit, il n’est malheureusement pas le seul à user de ce type d’outil pour accéder au Pouvoir Nom.
En fait 98% des humains l’utilise mais il portera d’autres noms, aura d’autres visages et toutes les raisons possibles et imaginables d’en user … d’en abuser. Lesquelles ?
Trahison, Dénonciation, Accusation, Divulgation, Infidélité, Déloyauté, Inconstance, Perfidie, Adultère, Tromperie, Abandon, Mensonge, Tricherie, Imposture, Illusion, Dissimulation, Ruse, Hypocrisie, Duplicité, Fausseté, Mascarade, Artifice, Piège, Séduction, Combine, etc. etc.
C’est derrière tous ces masques qu’agit, sur nous et en nous, et le plus souvent à notre insu, le Pouvoir Nom Grand Maître de l’imposture et de l’illusion.
Sa plus grande force ? Nous faire croire qu’IL n’existe pas et que nous sommes les seuls maîtres de nos existences. Ainsi donc, pauvres maîtres et pauvres existences pour la plus grande majorité des hommes.
Voyez plutôt !
Voici ce qu’IL nous murmure à longueur de vie et pour se faire, je vous livre une réflexion de Confucius que j’ai faite mienne.
« Si le mal ne s’accumule pas, cela n’est pas assez puissant pour détruire un homme. Le vulgaire pense pour cette raison que le bien dans les petites choses est sans valeur ; c’est pourquoi il le néglige. Il pense : « De petites fautes ne causent pas de dommage ». Par suite il n’en perd pas l’habitude. Ainsi ses fautes s’entassent jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus demeurer cachées et sa culpabilité devient si grande qu’elle ne peut plus être effacée. »
« Le vulgaire ne rougit pas de l’absence d’amour et n’a pas l’injustice en horreur. Si aucun avantage ne lui fait signe, il ne bouge pas. S’il n’est pas intimidé, il ne s’améliore pas ».
Voilà une vision oh combien d’actualité n’est-ce pas ! Il suffit de voir tous ceux qui, de tous horizons politiques, ont répondu présent à l’appel des sirènes du Pouvoir Nom, quitte à renier leurs propres idéaux.
Mais plein d’illusions, bouffis de suffisance et d’arrogance, ils ont oublié, mais l’ont-ils su un jour (?), que :
« Si le bien ne s’accumule pas, cela ne suffit pas à faire la réputation d’un homme ».
Combien y a t’il d’hommes et de femmes politiques intègres, tous partis confondus et sur toute la planète aujourd’hui ?
Pour répondre à cette question il me serait plus facile de compter les corrompus. Il nous suffit de regarder comment va le monde pour se faire une idée, aussi petite soit elle. Mais si vous les interrogé, ils vous diront tous que :
« C’est pour le bien être des peuples qu’ils agissent … pour notre bien à tous ! » et que :
« Ce n’est pas de leurs fautes s’ils se heurtent à des difficultés (qu’ils ont l’air de découvrir)… que c’est à cause de … »
Soit ! Je veux bien ! Mais dans ce cas pourquoi, dans le but de se faire élire à la direction des affaires d’Etats, affirment-ils, sur l’honneur et sans langue de bois, qu’ils sont à même de résoudre ces difficultés ?
J’entends encore toutes les promesses faites, pendant la campagne électorale, par le Président de notre pays, de régler en les améliorant, un maximum de problèmes sociaux, qu’il fallait lui faire confiance car il tiendrait ses promesses.
Pourtant cela faisait pas mal de mois qu’il nous disait résoudre ces problèmes en tant que Ministre de l’Intérieur … à grands coups de karcher et de déclarations fracassantes toutes plus virulentes, pour ne pas dire plus, les unes des autres.
Et 52% des gens firent confiance à sa vision politique.
Résultats :
En France, 413 000 chômeurs de plus de 55 ans, dispensés d’ANPE et de recherche d’emplois, mais chômeurs à plein temps … et que l’on cherche aujourd’hui à faire réembaucher (?), alors qu’en un an, de février 2008 à février 2009, le taux de chômage des jeunes s’est accru de 32%.
Evalué aujourd’hui à un peu plus de 410?000, le nombre des jeunes chômeurs devrait dépasser la barre du demi-million avant la fin de l’année.
Ne serait-il pas plus judicieux de nous laisser partir à la retraite à 60 ans, en paix et avec, si possible (ce qui est loin d’être toujours le cas), un bon revenu et de laisser le travail aux plus jeunes ?
Il n’y aurait plus d’argent dans les caisses de l’UNEDIC pour payer pensions et indemnités de chômage ? Pourtant, selon les statistiques de ce même Unédic, seulement 47,5% des chômeurs étaient indemnisés fin 2006 : moins d’un chômeur sur deux.
Le chômage augmente, mais son indemnisation coûte de moins en moins cher.
Alors … travailler plus pour gagner … quoi ?
Travailler la nuit à partir de 15 ans … le Germinal de Zola se rapproche à grands pas.
Travailler les dimanches … payé au même prix que le travail en semaine … en voilà une bonne solution.
Et quand je pense que c’est Moïse qui, voilà 3000 ans, arracha à Pharaon ce droit au repos dominical pour les esclaves.
Mais rassurez-vous, à la vitesse où nos droits s’amenuisent, nous retrouverons ce statut (esclaves) avant peu … à moins que nous ne recouvrions rapidement nos esprits.
Quelques chiffres ?
Entre 2000 et 2005, en France, la part des salariés travaillant de nuit est passée de 4,6 à 7,1%. Ceux qui travail le samedi de 25 a 31,3%. Pour le dimanche, le pourcentage est passé de 9 à 14%.
Nous voyons d’ailleurs de plus en plus de ce type d’annonces aux portes des grandes surfaces :
« Ouverture exceptionnelle le … » Mais attention, à la vitesse où vont les réformes vous pourriez lire très bientôt aux portes de ces mêmes magasins :
« Attention : Fermeture exceptionnelle le … »
Pourtant, en 30 ans, l’économie française produira 76% de plus avec 10% de travail en moins. Dans le même temps nous aurons 23% de travailleurs en plus. Un écart de 33 % s’est donc creusé entre l’offre et la demande de travail.
Aussi, posons-nous la question : À quoi, ou plutôt à qui, profitent réellement toutes ces chambardements sociaux, réclamés à cœur et à cris par toutes les grandes industries de ce monde et si prestement servies par des gouvernements inféodés et serviles ?
Faisant à présent un petit tour en Europe.
Selon Radio France Internationale (RFI), le chômage augmente en Europe en 2009. Il vient de passer à un taux de 8% de la population active dans les 15 pays de la zone euro. Cela fait 12 millions et demi de chômeurs. Un record depuis deux ans.
Selon le Bureau International du Travail (BIT), il y aurait :
- 4 millions de chômeurs et 6 millions de salariés pauvres en Allemagne.
- 7 millions d’Allemands vivent aujourd’hui au-dessous du seuil de pauvreté.
- En Espagne, 32% des emplois sont des emplois précaires.
- En Grande-Bretagne, plus de 26% des salariés sont à temps partiel et une allocation d’incapacité de travail est versée chaque mois à plus de 2 600 000 personnes, soit 7,5% de la population. 18,4 millions de chômeurs dans l’Union européenne (27 pays) en Avril 2009.
Mais revenons en France et parlons salaires.
Selon Jean Pierre Dubois Président de la Ligue des Droits de l’Homme, l’écart des revenus entre les trentenaires et les quinquagénaires à triplé depuis 25 ans. Et le BIT de s’inquiéter de cette évolution “qui met en péril l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle”.
En France, 12% des salariés touchent aujourd’hui un salaire inférieur au Smic. 1 salarié sur 8 a un salaire inférieur au salaire minimum. Et Jacques Delors remarquera en 2006 que « près de 4 salariés sur 10 voient chaque année leur revenus diminuer ».
Par l’augmentation du chômage d’une part et la multiplication des emplois précaire, la part des salaires (salaires et cotisations) dans le Produit Intérieur Brut (PIB) a chuté de 11 %. Onze points de chute sur un PIB de 1 800 milliards, ce sont quelques 200 milliards d’euros qui vont rémunérer le capital alors qu’ils iraient aux salariés si le marché du travail retrouvait l’équilibre de 1982.
200 milliards d’euro c’est 2,6 fois le budget de l’Éducation nationale.
Dans son livre - Le livre Noir du Libéralisme - Pierre Larrouturou déclare :
« C’est 8 fois le déficit prévisionnel des retraites, 20 fois l’aide publique aux pays du Sud, 60 fois le budget du CNRS… »
Selon une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), en 1993, seul 8% des salariés étaient concerné par l’augmentation légale du Smic. En 2006 ils sont 17%. Deux fois plus.
Dans ce monde – notre monde – le savoir faire ou le savoir être d’une assistante sociale ou d’un ouvrier vaut 5 fois moins que celui d’un cadre supérieur … et combien de moins, d’un sportif de haut niveau, d’un comédien reconnu … etc.
Autre constat. Depuis 1970, le prix moyen payé aux paysans pour l’ensemble de leurs productions à baissé de 58% en euros constants, alors que le prix des aliments, payé par le consommateur, restait stable.
Et n’oublions pas que, selon l’INSEE, prévisions de juillet 2006 -
« Si rien ne change le niveau de retraite va baisser de 30% d’ici 2020.
La population active ne baissera ni en 2007 ni les années suivantes ; le nombre total d’actifs devrait augmenter fortement, jusqu’en 2050. La population active devrait augmenter de 900 000 personnes ».
Autres mensonges :
« Il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat … je ne suis pas le Père Noël »
Alors que le gouvernement n’a de cesse de rogner sur les dépenses publiques et ce, dans tous les domaines sauf … sur tout ce qui touche à son propre fonctionnement (augmentations des salaires du Président (140%) et de ses Ministres) …
Dans un rapport publié il y a quelques semaines, la Cour des comptes dénoncait les folies de notre Président pendant sa présidence de l'Union européenne (du 1/07/2008 au 31/12/2008) : il fera dépenser 171 millions d'euros (environ un million par jour).
Le summum de l'irrespect présidentiel envers nos citoyens sera l'organisation du repas de clôture de "L'Union pour la Méditerranée" : plus de 5000 EUROS par couvert.
La Cour des Comptes notera aussi le coût faramineux de la construction d'une douche et de quelques bureaux pour la somme de 245572 euros.
Au même moment, pour cause d’abus sociaux ( ?), la CPAM fait la chasse aux soi-disant "faux malades" et la CAF recherche sans relâche, les "vraies-fausses" mères célibataires pour leur supprimer quelques dizaines d'euros d'allocations "indues". A vomir …
J’arrête ici car la liste serait trop longue à énumérer. Il vous suffit d’aller dans n’importe quelle bonne librairie pour y trouver des réponses.
Où passe donc encore l’argent public ?
Quelques pistes :
Dans - Les Échos, du 21 Février 2007 – on pouvait lire :
« Dividendes historiques pour les actionnaires du CAC 40. Les 40 plus grosses sociétés françaises devraient verser 32 milliards de dividendes à leurs actionnaires. Une hausse de 23% sur un an ».
Dans - Alternative Économique du 17 Mars 2009 – Guillaume Duval écrit :
« Si on prend en compte toutes les mesures mises en œuvre depuis 9 ans pour alléger la fiscalité des plus riches, le montant perdu chaque année par les finances publiques s’élève à 30 milliards d’euros ».
Dans - Le Monde du 18 Mars 2009 – on pourra lire :
« En 2008, 834 contribuables dotés d’un patrimoine supérieur à 15,5 millions d’euros ont reçu un chèque moyen de 368 000 euros de la part de l’Etat. Ils se sont partagé 307 millions d’euros. Ils représentent seulement 6% des bénéficiaires … mais les deux tiers du coût bouclier fiscal ».
Pour Christian Chavagneux, coauteur de - Les Paradis fiscaux - (éd. La Découverte).
« La fraude fiscale via les paradis fiscaux coûte 50 milliards d’euros par an à l’État français, c’est plus que le déficit budgétaire français. Si l’Etat avait eu cet argent, la France serait aujourd’hui en excédent budgétaire. Ça change tout en termes de dépenses publiques, en termes de politique économique ».
En fait 2000 milliards d’euros par ans sont recyclés par les paradis fiscaux, c’est-à-dire l’équivalent du PIB français.
Pierre Larrouturou déclarera :
« Avec les 35 heures, on a donné 70 milliards de francs d’exonération mais on ne demandait aux entreprises aucune contrepartie en emplois ! »
Une enquête de la CFDT-Cadre et de la CFE-CGC dévoilera que :
« Chaque année 40 ou 50% des cadres voient leur salaires diminuer car leur salaire a progressé moins vite que l’inflation ».
Si, comme on le voit, les cadres paraissent aussi touchés par les diminutions de salaire, mais que dire, dans ce cas, des misérables 12cts d’augmentation mensuelles accordés cette année, aux retraites les plus basses ?
On nous parle de cette crise comme étant une crise mondiale qui toucherait tous les secteurs ? Voyons cela :
Dans le Manifeste UTOPIA 2009 on peut lire que :
500 milliards de dollars dans le monde sont dépensés en publicité et en marketing dont 32 milliards rien qu’en France.
Est-il nécessaire d’en faire autant alors que nos possibilités d’achats se réduisent de plus en plus (crise oblige) ?
En 1960, l’écart des revenus entre les 20 % les plus riches et les 20 % les plus pauvres de la planète était de 1 à 30. Il passe en 2007 de 1 à 80.
Les 500 personnes les plus riches possèdent l’équivalent du revenu des 500 millions les plus miséreux. Un « très riche » gagne donc autant qu’un million de pauvres.
Dans son rapport 2005, SIPRI (Institut International de Recherche pour la Paix de Stockholm), déclare :
« Les dépenses d’armement de tous les États ont dépassé les 1000 milliards de dollars en 2004, depuis elles n’ont fait qu’augmenter ».
Pourquoi de telles dépenses ? Ne nous prépareraient-ils pas une nouvelle guerre ? N’est-ce pas de cette manière que les maîtres du monde ont toujours solutionné TOUS leurs (et aussi nos) problèmes ?
Globalement, les dépenses militaires sont en progression de 10% : 17 milliards d’euros seront consacrés à l’acquisition de matériels, contre 15,4 milliards d’euros, en 2008.
Cette dotation doit par exemple, permettre de financer pour la France :
14 avions Rafale, 8 hélicoptères Tigre ainsi que 96 Véhicules blindés de combat d’infanterie (livraison prévue cette année). Les moyens consacrés aux opérations extérieures sont eux, augmentés d’environ 25%.
Les dépenses d’armement de tous les États du monde ont dépassé les 1000 milliards de dollars en 2004. Et elles ne cessent d’augmenter. Aujourd’hui, 47 % de ces dépenses sont effectuées par les Etats-Unis.
Vous comprenez maintenant pourquoi les Etats-Unis, rejoint aujourd’hui, et sans notre accord (celui des citoyens), par une présidence française sans état d’âme, privilégient l’OTAN plutôt que l’ONU.
Aussi, merci Monsieur le Président … et tant pis pour les soldats morts … juste pour satisfaire vos ambitions !
Lorsque je vous dis que cela sent mauvais …
Pour Ignacio Ramonet, dans son "Géopolitique du chaos" :
Sur les 200 premières économies du monde, la moitié ne vient pas des pays mais des entreprises.
Comment cela se peut-il ?
Une part de la réponse se trouve peut-être dans Manifeste UTOPIA 2009 où on peut lire que :
En 1960 nous prélevions 60 % de la surface utilisable de la planète, nous en prélevons plus de 120 % aujourd’hui. Nous empruntons 20 % de ressources de plus que la régénération naturelle des ressources ne le permet. Il faudrait 1,2 planète pour continuer à prélever au rythme actuel.
Est-ce pour nourrir la planète ?
Permettez-moi d’en douter et voyez plutôt ce qu’en dit le FMI :
Le FMI affirme qu’entre 20 % et 50 % de la récolte mondiale de maïs et de colza sont déjà détournés pour l’élaboration de nouveaux carburants.
Les prix du blé et de l’orge ont augmenté de 70 à 80 % en 2008, et ceux du maïs ont doublé. La hausse de la demande mondiale d’agro-carburants nécessitera d’augmenter de 20 à 30 % les surfaces cultivées. Ce qui est impossible, sauf à provoquer des déforestations effrayantes en Amazonie ou dans le bassin du Congo … ou d’éradiquer une partie de l’humanité par la famine, les pandémies en tous genres, les guerres et tous autres moyens dévastateurs … pourvu qu’ils soient réducteurs de populations.
Vous n’y croyez pas ?
Les maladies, pourtant curables, tuent chaque année 12 millions de personnes, essentiellement dans les pays de l’hémisphère Sud.
21 millions de personnes, souvent des enfants, sont mortes en 2006 de la malaria ou de la tuberculose, dont plus de 90 % dans l’un des 122 pays dits en développement.
Aujourd’hui, en 2009, l'humanité compte 1 milliard 20 millions de personnes victimes de la faim. La quasi-totalité des personnes sous-alimentées de la planète vivent dans les pays en développement : 642 millions de personnes en Asie et dans le Pacifique; 265 millions en Afrique subsaharienne; 53 millions en Amérique latine et aux Caraïbes; 42 millions au Proche-Orient et en Afrique du Nord; et 15 millions au total dans les pays développés.
Pourtant, le rapport sur l’insécurité alimentaire dans le monde de la FAO publié en 2006, prouve chiffre à l’appui, que l’agriculture mondiale, dans l’état actuelle de ses moyens de productions, pourrait nourrir sans problème (et surtout sans OGM) 12 milliards d’être humains. C’est à dire donner à chaque individu adulte, chaque jour, une ration de nourriture contenant 2700 calories. Or nous sommes aujourd’hui plus de 6,5 milliards d’êtres humains sur terre et se chiffre progressera et se stabilisera en 2050 autour de 10 milliards.
Comment cela est-il possible alors que, selon la Banque Mondiale en 2008 :
Le besoin de nourriture représente (bien) en effet jusqu’à 75 % des revenus des pays pauvres contre seulement 15 % dans les pays riches.
Ce serait donc les pays riches qui s’accapareraient à moindre frais (15% de leurs revenus) la majorité de l’alimentation mondiale ?
Dans ce cas, voyons comment sont réparties les richesses de ce monde ?
Il faut savoir que la fortune des 3 individus les plus riches de la planète dépasse les revenus accumulés de la totalité des habitants des 48 pays les plus pauvres. Et selon l’ONU en 2004 :
1% des plus riche gagnaient autant d’argent que 57 % des personnes les plus pauvres de la terre.
Le patrimoine privé cumulé des 12 millions de millionnaires recensés à ce jour et en dollars, s’élevait en 2007 à 32 0000 milliards de dollars.
Les 374 plus grandes sociétés transcontinentales inventoriées par l’indice Standard and Poor’s détiennent aujourd’hui ensemble, plus de 600 milliards de dollars. Cette somme a plus que doublé depuis 1999. Elle a augmenté de 13 % depuis 2003.
La plus grande entreprise du monde, Microsoft, abrite dans ses coffres un trésor de plus de 60 milliards de dollars. Depuis le début de 2006, il augment de 1 milliards de dollars par mois.
Et pendant ce temps, dans tous les pays occidentaux, grâce à un délabrement social voulu par les maîtres du monde et programmé par leurs valets d’Etat, le chômage et la précarité touche entre 30 et 40% des salariés … suivi de près par son corolaire : la xénophobie. Il est bien connu qu’aux époques de récession l’étranger devient le bouc émissaire de tous nos maux.
Pourtant, n’est-il pas normal qu’un pauvre recherche tous les moyens possibles pour sortir de sa situation … en venant chez-nous par exemple ?
Dans les 191 États membre des Nations Unies, 113 millions d’enfants de moins de 15 ans n’ont pas accès à l’école. 62% d’entre eux sont des filles. Et c’est pour les aider qu’aujourd’hui, dans le monde, 1 travailleur (travailleuse) sur 35 est un émigré. En 1970, les émigrants transféraient chez eux 2 milliards de dollars. En 1993, cette somme s’élevait à 93 milliards de dollars.
N’oubliez pas que l’émigré à toujours été une source de richesse pour celui qui l’exploite.
Et pendant ce temps quelques hommes n’hésitent pas à s’accorder des salaires indécents, pour ne pas dire insultants, à l’égard de ceux qui les enrichissent.
Exemple :
Joseph Ackermann dirigeant de la plus grande banque d’Europe, la Deutsche Bank, touche 17 millions d’euros par ans.
J.P. Morgan administrateur de la Chase Manhattan Bank touche 3 fois cette somme.
Daniel Vasella du groupe pharmaceutique Novartis s’alloue un salaire annuel de 22 millions d’euros.
Peter Brabeck, de Nestlé en empoche autant.
Quant au Bâlois Marcel Ospel, président de l’USB (United Bank of Switzerland et plus grand gestionnaire de fortune privée du monde), il perçoit un salaire annuel, option et action incluses, de 26 millions d’euros.
Les administrateurs des 500 plus grandes sociétés capitalistes transcontinentales du monde contrôlent 52% de produit intérieur brut de la planète. 58% d’entre elles sont originaires des Etats-Unis.
Ensemble, elles n’emploient pourtant que 1,8% de la main d’œuvre mondiale. Ces cinq cents sociétés contrôlent des richesses supérieures aux avoirs cumulés des 133 pays les plus pauvres du monde. La CNUCED a inventorié 85 000 sociétés multinationales. En fait, 1 société multinationale est active dans au moins 5 pays à la fois.
Et cependant, malgré les colossales richesses engendrées, la paupérisation de ces mêmes pays ne cesse d’augmenter. En Australie par exemple, la dette des ménages vient de passer le cap des 180% du revenu disponible.
Sachez aussi que 10 sociétés transcontinentales se partagent 90% des réseaux privés d’approvisionnement en eau potables (l’or noir d’un futur très proche), Nestlé en tête. Qu’elles nous expliquent pourquoi, 1 homme sur 3 en soit réduit à boire de l’eau polluée ?
Pourquoi, 9000 enfants de moins de 10 ans meurent chaque jour de l’ingestion d’une eau impropre à la consommation.
Sachez encore que Novartis, deuxième société pharmaceutique la plus puissante au monde dont le quartier général est à Bâle, verra en 2004, ses profits nets s’élever à plus de 6 milliards de dollars, ce qui correspondra à une progression d’environ 15% en une année. Idem pour son chiffre d’affaires de plus de 28 milliards toujours pour 2004.
Plus de 40% de ce chiffre est réalisé aux Etats-Unis et malgré cela selon Joseph E. Stiglitz (Économiste américain, et l’un des principaux représentants du courant néokeynésien, dont les théories et prises de positions font le héros des mouvements altermondialistes) déclarant que :
Les USA sont en train de devenir un pays riche aux populations pauvres … Le pouvoir d’achat du salaire minimum est aujourd’hui inférieur de 35 % à celui de ce qu’il était il y a 30 ans.
Constat confirmé par le Bureau américain du Recensement en 2006 :
1 % des plus riches Américains gagnent en moyenne 440 fois plus que le salaire moyen des 150 millions d’Américains situés en bas de l’échelle. 36,5 millions de pauvres et 47 millions d’américains sont dépourvus de toute couverture sociale.
Dans La Tribune du 13 Juin 2006 on pouvait lire :
Les entreprises américaines ne savent plus quoi faire de leur argent. Les entreprises membre de l’indice S&P 500 (indice boursier basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les bourses américaines) ont consacré plus de 100 milliards de dollars au rachat de leurs propres actions pendant le seul premier trimestre 2006.
Est-ce pour cela qu’ils se sont amusés à jouer en bourse jusqu’à ruiner des pans entiers du système économique mondial, sachant bien que les Etats, au travers de leurs contribuables, allaient tout faire pour empêcher la débâcle bancaire liée à une idéologie capitaliste moribonde et pourtant … triomphante.
Il est plus que temps de mettre un terme par le moyen législatif à :
Des usages bancaires inhumains et destructeurs, en leur imposant une véritable taxe Tobin déjà proposée mais jamais appliquée. Cette idée, à nouveau proposée et défendue par Bernard Kouchner (ministre des affaires étrangères) d'une taxe sur les transactions financières de 0,005%, qu'effectueraient les banques elles-mêmes (donc aucune possibilité de vérification) devrait rapporter de 20 à 30 milliards d'euros selon la nature des transactions concernées et serait utilisée pour financer l'aide au développement des pays les plus pauvres.
A titre indicatif, je rappellerais que James Tobin, économiste et Prix Nobel américain, proposait en 1978, un taux qu’il jugeait pourtant très faible, de seulement 0,1 à 0,25% de manière, selon ses dires, à ne pas pénaliser les activités de l’économie réelle (importations, exportations, investissements), mais à mettre un « grain de sable » dans les rouages de la spéculation. Sachez aussi, que cette même misérable taxe de 0,1 % sur chaque transaction sur les marchés des changes aurait rapporté annuellement 228 milliards de dollars - chiffre calculé sur la base des 1 587 milliards de dollars qui représentaient, en 1998 selon la Banque des règlements internationaux (BRI), le volume quotidien de ces transactions.
Alors, 0,005% ! Pas de quoi enrhumer un compte en banque, même aussi misérable que le mien. Aussi Messieurs les Ministres des finances des pays riches, quelle générosité … à l’égard des Grands Argentiers de ce monde à qui vous avez, sans sourcillé, offert les aides suivantes.
Combien a coûté le sauvetage des banques ?
Les analystes du FMI nous donnent cette réponse :
Entre la recapitalisation, les avances en liquidités, les rachats d’actifs et les garanties (qui n’ont, à ce jour et dans la plupart des cas, pas encore été utilisées), les USA ont mobilisé 79% de leur PIB, c’est-à-dire en données cumulées et pour le 4ème Trimestre 2009, 10166.70 USD, la Belgique 30%, la France 19%, et l’Irlande ... 263%.
Les besoins de financement immédiats s’élèvent à 8,8% du PIB au Canada, 6,6% aux USA, 15,8% en Norvège, 5,5% en Autriche, 4,7% en Belgique et 20% au Royaume Uni.
Conclusion ! Le sauvetage de la finance est en train de ruiner les Etats.
Quelles leçons en ont tiré nos dirigeants bancaires ?
AUCUNE !
Il suffit pour s’en convaincre de voir à quelle vitesse tous ces Grands Argentiers-Usuriers ont su, sans sourcilier, renouer aussitôt avec leurs pratiques assassines. Et cela, malgré les craintes du BIT (Bureau International du Travail) annonçant pour toute la planète, un chômage record pour 2009 frappant 239 millions de personnes.
Il est aussi plus que temps de mettre un terme par le moyen législatif à :
Des délocalisations d’entreprises antisociales et aux procédures de licenciements rendues possible, par la grâce de gouvernements autistes aux politiques irresponsables, poussant à travers le monde, un nombre toujours croissant de personnes, comme de nos compatriotes, vers un chômage plus que précaire, à la durée et aux allocations rapidement dégressives, mais toujours très controversées et ce, dans le meilleur des cas.
Pour les autres, abandonnés et laissés pour compte, il ne leur restera bien souvent que de dormir sous les ponts … où sous une tente plantée sur les quais de la Seine par l’association des ?Don Quichotte? … pendant que d’autres encore, pourtant avec un travail, se suicident pour échapper aux pressions démentielles, imposées par des cadres bien souvent tout aussi stressés et aux ordres de ces mêmes maîtres du monde.
Aussi ne soyez plus étonné par la montée des violences de toutes sortes à travers le monde, ultimes recours, souvent inconscient, pour la plupart des plus démunis, (matériellement et intellectuellement), hurlant, à la face de ceux qui les ont créés, et dont le cœur est vide d’Amour, leur soif de vivre et leur haine d’un système et des hommes qui les ont rejeté et dont ils ne veulent plus.
C’est pour toutes ses raisons, humaines, sociales et politiques décrites, et pour bien d’autres encore, que notre monde est malade. Malade de part notre incapacité à pouvoir, à vouloir y remédier, humainement, socialement, politiquement et surtout, personnellement, cloîtré dans nos égoïsmes individualistes aux idéaux étroits, que nos sociétés sans âme sombrent, lentement mais inexorablement dans les peurs les plus diverses.
Par peur de manquer, d’argent, d’amour, de chance, de travail, de courage, de moyens, de faim, de tomber malade, peur de vivre … peur de mourir … etc. etc. Nous nous replions sur elles, faisant de ces faiblesses les boucs émissaires de nos lâchetés face à ces réalités. Mais rassurez-vous, cela n’est pas nouveau, bien au contraire car depuis la nuit des temps, il en va ainsi.
Comment réagir ?
Devrons-nous réagir à la manière de notre politique, préconisant le passage aux karchers des jeunes de banlieues, ?lieues? déjà ?mis au banc? et ce, dès leurs créations, par ceux-là mêmes qui les firent construire ?
Est-ce la bonne solution que de répondre aux violences urbaines par la violence policière ?
Faut-il nous résigner à n’avoir comme solution, que celle de construire plus de prisons pour y mettre une jeunesse, (VOS enfants), que nous abandonnons de plus en plus et dans le meilleur des cas, au chômage ou aux travaux précaires et insipides et pour des salaires miteux ?
Ne voyez-vous pas, n’entendez-vous les appels au secours de cette même jeunesse cherchant désespérément une sortie à leurs conditions, dans les drogues de toutes sortes et les actions les plus folles ?
Croyez-vous vraiment comme certains, que la prison puisse resocialiser des personnes en leur imposant la pire des vies sociales que l'on puisse imaginer ?
Croyez-vous vraiment comme certains, que celle-ci puise réinsérer ces mêmes personnes en les coupant violemment de tout ce qui pourrait les aider à le faire (vie de famille, emploi stable, vie sociale normale).
Croyez-vous vraiment comme l’a écrivit dans son livre – ?Quand la justice nous casse? Philippe Auzenet, ancien visiteur puis Aumônier Protestant en Maison d’arrêt, que celle-ci puisse avoir la prétention de lutter pour la dignité humaine en cassant toute dignité, toute confiance en soi, toute espérance, la personnalité et la réputation des personnes incarcérées. La prison a la prétention de former en déformant, de stabiliser en déstabilisant, de rendre meilleur en rendant pire, de protéger la société en formant des récidivistes qu'elle fait devenir des fauves. Voilà la réalité que pourrait confirmer toute personne (et sa famille proche) qui l'a subie, et qui ne sera malheureusement jamais écoutée car elle est en bas de la pyramide.
Pour conclure cette réflexion je vous propose ?d’entendre? Clarence Darrow -1857/1938 -avocat américain, célèbre pour avoir défendu et sauvé de la chaise électrique en 1924, Nathan Léopold (1904-1971) et Richard Loeb (1905-1936), deux riches étudiants en droit, arrêtés et condamnés à l'âge de 19 et 18 ans pour l'enlèvement et le meurtre de Bobby Franks, un jeune garçon de 14 ans.
Les faits ?
Léopold et Loeb passèrent plusieurs mois à préparer leur crime, cherchant un moyen efficace pour réclamer une rançon sans risque. Le 21 mai 1924, ils passent à l'action, enlèvent Bobby Franks, proche voisin de Loeb et l'assassineront froidement. Ils verseront de l'acide chlorhydrique sur le corps afin d’en rendre l'identification plus difficile. Ils iront ensuite tranquillement manger un hot dog. Après leur repas, ils iront cacher le corps, rentreront à Chicago et appelleront la mère de la victime lui disant que son fils a été kidnappé et enverront la demande de rançon passant la soirée à jouer aux cartes. Mais avant que la famille ait payé celle-ci, le corps sera découvert. L'apprenant ils détruiront la machine à écrire qui servie à la demande de rançon. C’est une paire de lunettes trouvée à proximité du lieu du crime qui permettra de retrouver et confondre les coupables.
Leurs motivations ?
L’unique motivation de cette horreur était de tenter de prouver leur supériorité en essayant de commettre le crime parfait et son manque absolu de compassion marquera fortement l'opinion publique faisant de ce procès un des grands procès du siècle. Clarence Darrow assurera leur défense et leur évitera la chaise électrique grâce à sa plaidoirie s’appuyant sur la causalité profonde de ce crime abject. Léopold et Loeb seront condamnés le 10 septembre 1924 à la prison à perpétuité pour meurtre plus 99 ans pour enlèvement.
Cette affaire eut un grand retentissement à l'époque et influencera plusieurs films dont
?L'Avocat des damnés? en 1991 de John David Coles avec Kevin Spacey dans le rôle de Darrow. Je ne sais pas si la plaidoirie de la défense à la fin de ce film est l’exacte réplique du procès mais je l’a crois très proche de la réalité ne serait-ce que par sa conclusion.
Plaidoirie de Clarence DARROW
« Ce monde a été bâti sur une longue suite de carnages depuis sa naissance, et aucun doute que cela continuera ainsi jusqu’à la fin.
Peut-on être sûr que ce monde deviendra meilleur si on les pendait ?
Cela donnerait-il aux hommes plus de cœur, d’humilité ? Ou à moins que ce ne soit le contraire ?
Si la société dans l’ensemble est incapable de s’élever bien au-dessus de l’instinct bestial de ces deux hommes alors je n’ai rien à faire sur cette terre.
Pourquoi ont-ils tué Bobby Franks, non pas pour l’argent, ni par envie, ni par haine, non ils l’ont tué comme on tue une mouche ou une araignée, juste pour voir.
Ils l’ont tué parce qu’ils sont ainsi faits, ils l’ont tué parce que quelque part, dans l’infini processus qui règle l’élaboration d’un être humain, quelque chose s’est grippée.
Votre Honneur, nous savons que chacun des atomes de l’univers est étroitement lié aux autres, nous savons que chaque influence consciente et inconsciente agit et réagit sur l’ensemble de tous les organismes et cela sans qu’on sache ce qui en est responsable.
C’est vrai, j’ignore ce qui a poussé ces deux garçons à commettre cet acte, mais je suis certain qu’il existe une explication. Pourquoi cet acte, mais aussi pourquoi suis-je là ici à défendre l’indéfendable ? Peut-être à cause de toutes les existences que j’ai croisé, elles m’ont influencé et ont fait de moi ce que je suis, elles m’ont conduit jusqu’ici, vers ma destinée, nous sommes tous ici à cause d’une infinité d’évènements incontrôlables.
Je n’oublie pas que Bobby Franks est mort, et je compatis à la douleur de sa famille, Monsieur l’Accusateur publique, a assuré que c’était un garçon plein de promesses. Il arrive parfois qu’un garçon plein d’avenir soit fauché en pleine jeunesse, et que l’espoir dont il était porteur soit enseveli avec lui dans un cercueil.
Parfois il arrive aussi qu’un garçon tout aussi prometteur trouve sa place sur un échafaud pour y être pendu.
Votre Honneur, ce n’est pas la grâce que j’implore ici, peut-on parler de grâce d’ailleurs si on décidait de les enfermer à vie. N’importe quel être humain digne de ce nom serait satisfait de ce verdict.
Si pendre ces deux garçons pouvait faire revivre Bobby Franks, alors oui je dirais qu’on les pende, si le bien-être de la communauté dépendait un tant soit peu de leur exécution alors oui je dirais qu’on les pende, mais je me demande quel profit nous en tirerions, quel bien serait-ce pour l’avenir de nos enfants ?
Votre Honneur, entre vos mains reposent les clés du futur, vous pouvez décider de les pendre, les pendre comme on dit jusqu’à ce que mort s’en suive, vous seriez sûr ainsi de vous attirer la sympathie populaire, il est certain que les ignorants se feraient une joie d’applaudir.
Mais les autres, ceux qui pensent, ceux qui croient en l’être humain, les mères, les pères qui veulent comprendre et réfléchissent à l’avenir non pas de ces êtres perdus, mais à l’avenir de leurs propres enfants, ils seront derrière nous, refusant de se réjouir de la mort de ces deux jeunes gens, ils veulent qu’un jour on cesse de répandre le sang des hommes.
Je ne plaide pas uniquement pour mes clients mais aussi pour tous ceux qui suivront à l’avenir.
C’est à eux que je pense, et c’est pour eux que je supplie cette cour de se tourner vers une justice exempte de cruauté et de barbarie, je plaide pour le futur, je plaide pour un temps d’espoir où la haine et la cruauté ne contrôleront plus le cœur des êtres humains, un temps où avec de l’intelligence, de la compréhension et de la foi en l’homme, chacun de nous se rendra enfin compte qu’une vie quoiqu’on en aie fait mérite d’être sauvée et que le pardon est ce qui donne à l’homme à jamais sa grandeur.
Si jamais, mon nom, un jour est glorifié, que ce ne soit pas pour des causes futiles, non, si un jour mon nom est glorifié, que ce soit pour l’amour que j’aurai pu donner. »
Nous pouvons faire de même. Il nous suffit d’oser.
Michel Ribeiro
Dialoguons : mic.ribeiro@yahoo.fr

Aller vers ...
